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Allibert et Voyageurs du Monde : voyage aventure

 

 

 

Allibert et Voyageurs du Monde créent

un champion français du voyage aventure

 

Groupe Voyageurs du Monde et Allibert Trekking s'unissent dans le secteur voyage aventure-tourisme nature. Les deux voyagistes veulent partir à la conquête de marchés étrangers, y compris par croissance externe, tout en se renforçant en France.

 
Groupe Voyageurs du Monde et Allibert Trekking, deux des tout premiers acteurs tricolores du secteur, ont annoncé hier leur rapprochement, l'objectif commun étant non seulement de se renforcer sur leur marché domestique mais aussi, et surtout, de croître hors de France. - Photononstop
 
 

Encore embryonnaire, le marché mondial du voyage aventure et du tourisme nature compte désormais un champion français, et il est ambitieux. Groupe Voyageurs du Monde et Allibert Trekking, deux des tout premiers acteurs tricolores du secteur, ont en effet annoncé hier leur rapprochement, l'objectif commun étant non seulement de se renforcer sur leur marché domestique mais aussi, et surtout, de croître hors de France.

Concrètement, Groupe Voyageurs du Monde détiendra 68 % du capital d'une nouvelle entité, Erta Ale Développement (EAD, du nom d'un volcan éthiopien), laquelle réunira son pôle voyage aventure tourisme nature et Allibert Trekking. En conséquence, Allibert Trekking, Visages Terres du Sud et Destinations Merveilles rejoindront Terres d'Aventure, Nomade Aventure, Grand Nord Grand Large et Chamina Voyages, autant de marques tout à tour acquises et intégrées en douceur par Voyageurs du Monde entre 2001 et 2011. Le tour de table de EAD, qui devrait être sur pied en novembre, comprendra également la famille.

Allibert et les associés fondateurs d'Allibert Trekking (17 %), le Management (6 %), enfin CM-CIC Finances (9 %).

Au total, le nouvel ensemble, dont la part de marché serait de l'ordre de 37 %, pèsera 130 millions d'euros de chiffre d'affaires consolidé sur la base des comptes 2011 pour quelque 100.000 clients, et représentera in fine 40 % du chiffre d'affaires pro forma de Groupe Voyageurs du Monde. Par ailleurs, EAD réunira 300 salariés et plusieurs milliers de guides et personnels dans plus de 90 pays.

Sur un plan opérationnel, le mariage n'est toutefois pas une prise de contrôle d'Allibert Trekking, insistent les protagonistes. EAD, dont le directoire sera présidé par le directeur général d'Allibert Trekking, Gérard Guerrier, aura ainsi un rôle de coordination, le principe de base étant l'autonomie des marques. Il y aura néanmoins d'incontournables fonctions support.  « Ce n'est pas une acquisition. C'est une alliance. On ne fera pas l'erreur des voyagistes allemands en France. Allibert n'a pas besoin de nous pour être performant », déclare notamment le PDG de Voyageurs du Monde, Jean-François Rial.  « Il nous fallait un partenaire compatible », souligne, pour sa part, Gérard Guerrier, et d'expliquer :  « Ce qui nous intéresse, scest continuer à nous développer. Notre métier est en train de changer avec notamment Internet et le développement du voyage individuel ». Le directeur général d'Allibert Trekking ne cache pas que le rapprochement permet aussi de résoudre  « un passage de génération » pour l'entreprise de Chapareillan (Isère), créée il y a une trentaine d'années par trois guides de haute montagne.

En outre, chez Allibert comme chez Voyageurs du Monde, on souligne que si la consolidation du marché français du voyage aventure et du tourisme nature est bien engagée, l'hypothèse de  « l'arrivée des Anglo-Saxons » n'est pas à écarter. Allibert a d'ores et déjà été approché, et le géant germano-britannique TUI Travel, l'un des grands acteurs internationaux du secteur avec le canadien G Adventures, est déjà implanté en France.

En outre, le secteur serait en voie de mondialisation. « Dans cinq à dix ans, on ne pourra pas se contenter de travailler qu'avec une clientèle francophone », observe Gérard Guerrier. « Le marché français du voyage aventure, sur lequel nous voulons continuer à nous développer avec nos marques qui se complètent, est mature. Mais il y a des points de croissance à l'étranger. Et pour ce faire, il faut une taille critique. Avec 130 millions d'euros de chiffre d'affaires, nous sommes désormais comparables à TUI et G Adventures », explique, de son côté, Alain Capestan, l'un des deux directeurs généraux délégués de Voyageurs du Monde, tous les deux membres du directoire d'EAD. A ses dires, le nouvel ensemble a vocation à se développer au Canada, où Voyageurs du Monde est depuis peu actif, mais aussi au Royaume-Uni, en Allemagne, et en Italie, autant de pays de randonneurs. Et  «s' il n'y a rien d'actualité », la croissance externe est un levier, ajoute Alain Capestan. Enfin, la vente de la destination France à l'étranger est un autre axe de développement.

Par Christophe Palierse | 17/07 | Les Echos


17/07/2012 0 Poster un commentaire

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